A letter signed by Général Dominique Delawarde, former general of the French Secret Service, draws several scenarios on the case Skripal.

Par le général (CR) Dominique Delawarde

Vladimir                                                                                                                        Moscou le 24 Mars 2018

Résidence présidentielle du Kremlin                                                                          Place Rouge, Moscou                                                                                                  mail: jamesb007@russia.net

Bien chère Thérésa

Quelle ne fût pas ma stupéfaction le 20 mars au matin de voir que vous aviez jeté ma lettre du 19 mars en pâture aux internautes sans aucun égard pour notre douce intimité épistolaire qui animait, jusqu’alors, mes soirées et mes songes. Plusieurs dizaines de milliers d’entre eux ont donc pu percevoir, sur une dizaines de sites, et par la puissance du réseau Facebook, l’orage qui montait sur notre relation jusqu’alors sans nuage. Ça fait beaucoup de monde dans la confidence !

Lorsque j’ai épluché les messages de félicitation des chefs d’état des grands pays en recherche du votre, j’ai bien trouvé ceux de mes bons camarades BRICS/OCS, celui de Donald, celui de Jean Claude (président de l’UE) et ceux de mes fans, toujours plus nombreux, venus du monde entier. Même Angela avait l’air heureuse de me féliciter. Aucun d’entre eux n’a fait allusion à «l’affaire du poison» qu’ils semblent avoir déjà oubliée, ni même à l’affaire syrienne.

Ce n’est qu’en arrivant aux messages des puissances moyennes, voire très moyennes, que j’ai trouvé quelques discrètes allusions à la Syrie et à l’affaire Skripal.

Emmanuel, par exemple, ménageant prudemment la chèvre britannique et l’ours russe, m’a félicité chaleureusement, mais m’a demandé de «faire toute la lumière sur les responsabilités liées à l’inacceptable attaque de Salisbury et de reprendre en main fermement d’éventuels programmes qui n’auraient pas été déclarés à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC)». Par ailleurs, il a exprimé «sa grande préoccupation à propos de la Syrie».

Allons voyons, il me prend pour un électricien avec son histoire de lumière, et voilà qu’il me donne des consignes précises sur ce que je dois faire. Décidément, il ne doute de rien ce frenchy! Bon, à sa décharge, je note l’emploi du conditionnel et du mot «éventuel» qui dénote une grande prudence de sa part et je note aussi que nous avons tout de même deux points communs très forts: nous sommes tous deux «grandement préoccupés à propos de la Syrie» et nous estimons tous deux que «l’attaque de Salisbury est inacceptable». On devrait finir par s’entendre.

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Même Bibi dont je connais bien les arrière-pensées et le rôle éminent de marionnettiste virtuose qu’il joue en coulisse a su, lui, ne pas mélanger les genres. Voici ce qu’il m’a écrit :

«Monsieur le Président, veuillez accepter mes sincères félicitations pour votre victoire lors des élections d’hier. J’apprécie profondément notre dialogue personnel et je me réjouis de continuer à travailler avec vous en étroite collaboration, avec confiance et compréhension, afin de promouvoir les intérêts vitaux de nos pays».

La sincérité des félicitations de ce vieux crocodile et le fait qu’il dise apprécier et se déclare réjoui de travailler avec moi me laissent dubitatif, mais je dois reconnaître qu’il a été correct et particulièrement malin en ne manifestant aucun soutien particulier envers la Grande Bretagne. Il est vrai qu’en matière d’élimination de ses adversaires sur des territoires étrangers, Bibi et ses affidés ont toujours eu une grande expérience et une longueur d’avance sur tout le monde. Il serait mal venu, il le sait, de me faire la leçon sur l’affaire Skripal. Du coup, il n’a même pas évoqué la Syrie ou l’Iran. Comme c’est étrange…..

Mais vous, Thérésa, pourquoi m’avez vous oublié, dans ce concert de congratulations quasi-unanimes, alors que nous nous entendions si bien autrefois ? Vos félicitations m’ont beaucoup manqué.

Après mûre réflexion, je ne vois que trois hypothèses :

La première est que, dans le but de refaire l’unité très chancelante de votre pays, d’éviter l’éventuelle sécession de l’Écosse et de pouvoir enfin montrer vos talents de chef de guerre (ce qui est toujours utile pour de futures élections), vous avez voulu prendre exemple sur la dame de fer en montrant à vos concitoyens une détermination sans faille et même peut-être supérieure à celle de notre défunte et respectée Margaret. Bref, mieux que la dame de fer, vous rêvez peut-être d’être la dame d’acier ! Pour faire bonne mesure et montrer au monde que vous n’avez vraiment peur de rien, vous vous êtes choisi un adversaire qui est un tout petit peu plus grand que les Malouines: la Russie. Je crains que vous n’ayez eu les yeux plus gros que le ventre.

Car hélas, l’état d’obsolescence avancée de vos forces armées et la puissance de l’adversaire que vous avez choisi risquent de rendre votre aventure périlleuse et devraient vous inciter à la prudence: d’autant qu’il n’y a pas, en Russie, que quelques rares gardiens de moutons à combattre, que l’hiver et les forces armées russes ont déjà vaincu par deux fois des adversaires très puissants, et que votre pays a beaucoup perdu de son influence sur son ancien empire colonial. L’Inde et le Pakistan, par exemple, sont aujourd’hui de fidèles partenaires de mon pays et des exercices bilatéraux de nos forces armées sont organisés chaque année. Par ailleurs, vos alliés de l’UE et de l’OTAN ne semblent pas tous prêts à vous suivre et à risquer l’apocalypse pour une affaire qui est loin d’être aussi nette que l’assassinat de l’archiduc héritier d’Autriche à Sarajevo en juin 1914: événement qui a, malheureusement, déclenché le premier conflit mondial au cours duquel, je vous le rappelle, la Russie a combattu à vos côtés.

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La deuxième hypothèse est que, quittant prochainement une Union Européenne qui vous impose une facture BREXIT particulièrement salée, vous ayez décidé de la torpiller juste avant votre départ pour lui interdire tout rapprochement avec la Russie, rapprochement qui pourrait la faire grandir et prospérer demain au détriment d’un Royaume-Uni hors UE et des USA, votre allié de toujours. J’ai bien compris que le projet North Stream 2, symbole d’un tel rapprochement ne vous convenait pas et qu’il ne convenait pas non plus à Donald. La crise Skripal vient donc à point nommé enfoncer un coin entre l’UE et la Russie pour au moins retarder, au mieux torpiller le projet North Stream 2. Votre action d’éclat dans le montage de cette affaire Skripal vous vaudra certainement de retrouver votre place de complice privilégiée de Donald lorsque le BREXIT sera effectif.

Il me paraît toutefois dommageable, pour l’image d’indépendance du Royaume-Uni que, dans un de vos discours récents, vous parliez entourée de deux drapeaux qui ne sont manifestement pas ceux de votre pays.

La troisième hypothèse, tout à fait abracadabrantesque évidemment, serait que votre gouvernement et vous-même soyez tombés sous la coupe d’un personnage plus fort que vous car contrôlant une part importante du personnel politique britannique ainsi que des moyens médiatiques et financiers considérables au sein du royaume de sa gracieuse majesté. Cet homme pourrait vous demander des services allant dans le sens des intérêts qu’il défend, services que vous ou vos ministres ne pourriez pas refuser de lui rendre.

Une enquête de mes services spéciaux est en cours depuis plusieurs mois et les premiers rapports mettent en évidence la présence d’un homme en cours d’identification vous rencontrant devant une porte sombre qui est, à première vue, celle d’une maison close. Une photo et une vidéo ont même été prises qui confirment la rencontre.

Cet homme paraît particulièrement heureux des instants qu’il vient de passer en votre compagnie. D’ailleurs la lecture labiale sur la vidéo indique clairement qu’il prononce la phrase: «Merci pour ce moment».

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A ce stade de l’enquête il est établi que votre complicité avec lui est «hautement probable».

Ce même homme aurait été aperçu, quelques instants plus tard, dans le bureau de votre ministre des affaires étrangères en état d’hilarité avancé. Leur complicité est donc, elle aussi, «hautement probable».

Bien qu’il ne soit pas encore formellement identifié, la tête de cet individu mystérieux me rappelle quelqu’un que j’ai rencontré à plusieurs reprises.

Mes services viennent d’ailleurs de m’indiquer que l’homme que j’ai rencontré périodiquement et l’homme qui figure sur ces photos, avec votre ministre, pourraient ne faire qu’un et avoir été impliqué dans trois affaires de corruption dans son propre pays. Il serait aujourd’hui interrogé par la police .

Sa carte d’identité aurait été retrouvée sous une feuille morte par les enquêteurs de Scotland Yard à proximité immédiate du lieu où l’on a retrouvé le malheureux Skripal et sa fille. Mais vos enquêteurs semblent gênés aux entournures pour divulguer ce détail car le personnage disposerait de puissantes protections dans votre pays et les journalistes, étrangement, ne seraient pas preneurs de ce scoop qu’ils jugent inapproprié et déconnecté de l’enquête.

Quant à votre ministre de la défense, il s’est livré à des déclarations enflammées lors d’une réception parlementaire annuelle, réservée aux députés conservateurs, qui s’est tenue à Londres. Le récit en a été fait par un journal que vous devriez bien connaître. L’article dont le lien est donné ci-dessous montre une collusion «hautement probable» entre 50 parlementaires britanniques conservateurs, soucieux d’assurer leur réélection et conduits par votre ministre de la défense, et un lobby défendant les intérêts d’un état étranger.

https://fr.timesofisrael.com/gavin-williamson-salue-la-relation-extraordinaire-avec-israel/

Si tout ou partie des faits rapportés ci-dessus était avéré, vous pourriez clore rapidement l’enquête sur le cas Skripal et la classer sans suite pour en éviter les éclaboussures…….

Ma coopération avec votre enquête ayant été totale et avant d’aller prendre un repos bien mérité, je vous supplie une nouvelle fois, chère Thérésa, de rétablir le niveau de connivence qui était le notre avant votre dernière crise. Je vous recommande tout particulièrement de garder secret le contenu de ce billet.

Je souhaite, vivement, vous le savez bien, établir avec votre pays le même genre de «relation extraordinaire» dont parle Gavin, votre fougueux ministre de la défense, dans l’article mentionné plus haut.

Bien à vous,

Votre très cher Vladimir

Général Dominique Delawarde

Ancien chef «Situation-Renseignement-Guerre électronique» à l’État majot interarmées de planification opérationnelle

From:  https://reseauinternational.net/deuxieme-lettre-de-vladimir-a-theresa-general-dominique-delawarde/#fLFHW7I2VdW2CxWq.99

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